Comment gérer un conflit au travail : 3 règles du jeu
Une salle de réunion. Un CODIR. Max pose son stylo, Charlie croise les bras. Entre eux, sur la table, un planning que personne n’ose toucher. Je suis debout, à deux mètres, et je sens la salle retenir son souffle. Ce moment, je le connais par cœur : c’est celui où une phrase de trop peut tout faire basculer. Et celui où une phrase juste peut tout débloquer.
Comment gérer un conflit au travail ? La réponse en 30 secondes
Pour gérer un conflit au travail, commencez par savoir d’où vous parlez, puis cherchez la contrainte de l’autre, et enfin invitez-le à construire une solution avec vous plutôt que de la lui imposer. C’est ce que je raconte dans ma conférence "communiquer sans se friter", et c’est la base d’une communication assertive : défendre son point de vue tout en respectant l’autre dans sa différence.
Le reste de cet article déroule ces trois règles, avec une scène, des sensations et ce que des participants m’en ont dit.
Un conflit au travail, ça ressemble à quoi vu de la scène ?
Quand j’anime un séminaire d’entreprise, je ne vois pas des « conflits ». Je vois des épaules qui se raidissent, des regards qui fuient, un silence trop poli. Rarement des cris. Le plus souvent, deux personnes compétentes qui n’arrivent plus à se parler.
Je le dis souvent en conférence : sous pression, on fait deux choses, on fuit ou on attaque. Se taire pour éviter la dispute, ou hausser le ton pour gagner. Dans les deux cas, la relation s’abîme et le travail aussi.
Conflit entre collègues, avec un supérieur, entre générations : même mécanique
Que ce soit un conflit entre collègues, avec un manager ou entre deux générations, je retrouve la même mécanique : chacun défend sa position, rare sont les foix ou on va explorer la rive de l'autre. C’est pour cela que l’assertivité n’est pas une technique de plus. C’est une manière de se relier aux autres quand ça tend. Comment gérer un conflit au travail : si vous voulez le cadre complet, il est sur ma page dédiée à la communication assertive.
Max et Charlie : la scène que je joue avec la salle
Dans ma conférence sur l’assertivité, je ne raconte pas une histoire : je la fais jouer. Je coupe la salle en deux pour un jeu de rôle grandeur nature.
Côté gauche, vous êtes Charlie, responsable commercial dans une entreprise qui fabrique des jeux de société. Vous venez de signer un gros contrat avec une enseigne nationale.
Côté droit, vous êtes Max, chef.fe de projet innovation dans la même boîte. Depuis trois mois, Max travaille sur un nouveau jeu pour les 18-25 ans.
Il est 9 heures, dans un immeuble parisien. Vue sur la Seine, salle de réunion cosy, meubles en bois, fauteuils molletonnés, odeur de café. Vous participez tous les deux au CODIR.
Ce que chacun ignore de l’autre : Charlie vient de recevoir un texto du client, qui rappelle que les délais sont incompressibles. Max vient de recevoir un message de ses équipes créatives, bloquées dans l’avancement du jeu.
Je demande alors à la moitié gauche de lire une phrase d’une seule voix, en s’adressant à Max sur un ton autoritaire :
« Max, j’ai besoin que tu accélères. Six semaines, c’est non-négociable. »
Puis la moitié droite répond, tous ensemble, en s’adressant à Charlie sur un ton dépité :
« OK Charlie, je vois ce que je peux faire. »
Silence. Je demande : « Comment avez-vous vécu cet échange ? » Dans la salle, je vois les gens se reconnaître. Certains sourient, d’autres baissent les yeux. Ils viennent de jouer en aveugle : Max ne sait pas ce que vit Charlie, et Charlie ne sait pas ce que vit Max.
Comment passe-t-on de cet échange en aveugle à une vraie conversation ? Avec trois règles du jeu. Et oui, je parle de jeu : c’est le cœur de mon approche, je l’explique dans le pouvoir du jeu pour transformer vos relations humaines.
Les 3 règles du jeu pour désamorcer un conflit au travail
Règle 1 : savoir d’où je joue
Avant de parler à l’autre, je me demande ce qui me traverse. Mon parcours, mes habitudes, mes émotions, la pression du moment. Quelqu’un qui arrive à une réunion après une nuit courte ne joue pas la même partie que quelqu’un de reposé. Nommer son point de départ, c’est déjà prendre du recul. Avoir cette conscience de soi, avant un RDV important, c'est favoriser un échange plus constructif. J’y reviens longuement dans le pouvoir de l’intention.
Règle 2 : sentir d’où joue l’autre
Ici, une seule question change tout : « C’est quoi ta contrainte principale, là ? » Charlie ne dit pas « six semaines » pour embêter Max. Charlie a une équipe, un client, des normes tacites que Max ne voit pas. Chaque conflit contient des contraintes invisibles (sociales, matériels et symboliques). Les nommer ensemble désamorce plus vite qu’un argument de plus. C’est aussi le terrain de l’intelligence émotionnelle.
Règle 3 : faire entrer l’autre dans le jeu
On ne règle pas un conflit en imposant une solution. On propose un chemin à deux, en agissant sur ce que l'on maîtrise (philosophie du stoïcisme). Dans notre scène : une première version en six semaines, solide, pas parfaite et une version complète à trois mois. Aucun des deux n’a « gagné ». Les deux ont construit quelque chose. C’est ce que j’appelle faire entrer l’autre dans le jeu.
Et si on se trompait sur l’autre ? Le jeu des 3 secondes
Il y a un petit exercice que j’adore : le jeu des 3 secondes. Face à quelqu’un d’agaçant, avant de répondre, je m’accorde trois secondes pour me demander : « Et si cette personne venait de vivre quelque chose de difficile ? » Je ne sais pas ce qu’elle vit. Ces trois secondes changent le ton de ma réponse.
C’est l’élément qui a le plus marqué mon public : sur les 27 retours à chaud que j’ai recueillis après ma conférence, c’est celui que 11 personnes ont cité comme ce qui leur a le plus parlé.
Ce qu’en disent ceux qui étaient dans la salle
J’ai recueilli ces retours à chaud, juste après ma conférence, le jour des 20 ans de mon agence Desjeux Créations. C’était un public bienveillant, donc je les donne tels quels, avec leur accord, sans les arranger :
« Une conférence qui nous apprend à mieux communiquer. »
« Une belle approche de l’écoute de l’autre. »
« Très accessible pour tous les publics avec beaucoup d’images concrètes. »
« Une remise en question. »
« Repenser la relation à l’autre. »
« Un moment chaleureux et étonnant. »
Après une autre conférence, Mike Handcock, Chairman du Circle of Excellence Group, m’a écrit à Elevate 2026 AFCP :
« Excellent travail lors de cette conférence Alexis. Les meilleurs intervenants sont ceux qui font ressentir des émotions, et qui sont prêts à ne pas être égocentriques mais à se montrer vulnérables. Merci pour ça. »

Ce que ça change pour une entreprise, une équipe, un dirigeant
Je ne vais pas vous promettre qu’une conférence résout un conflit structurel : elle sensibilise, elle ouvre des portes. Mais ce que je vois, c’est qu’elle donne à toute une équipe le même vocabulaire pour se parler quand ça tend. Pour un responsable RH, un dircom ou un dirigeant en charge de la qualité de vie au travail, c’est un point de départ commun, partagé le temps d’une conférence, qui détend l’ambiance et lance la discussion.
Selon le format, je peux aussi animer votre journée ou faire le lien entre plusieurs interventions, comme je l’explique dans mon article sur le rôle du maître de cérémonie en entreprise.
Pour les détails de ce que je propose, tout est sur la page conférencier et animateur pour entreprise. Si votre sujet est plutôt le climat interne, lisez aussi mon article sur la communication interne et le bien-être au travail et mon retour sur la conférence Elevate 2026 consacrée au bien-être au travail. Côté management, mon récit d’Impulser Lyon 2026 : diriger dans l’incertitude prolonge le sujet.
Questions fréquentes sur la gestion des conflits au travail
Comment désamorcer un conflit au travail ?
Prenez trois secondes avant de répondre, nommez votre propre état, puis posez une question sur la contrainte de l’autre : « C’est quoi ta contrainte principale, là ? » Cela baisse la tension en quelques phrases.
Comment résoudre un conflit entre collègues ?
Cherchez ensemble une solution en deux temps (une réponse rapide et une réponse complète) plutôt que de défendre chacun sa position. L’autre doit entrer dans la construction, pas subir la décision.
Que faire en cas de conflit avec son supérieur ?
Restez factuel, exprimez ce dont vous avez besoin et demandez ce qui contraint votre manager. Si le conflit persiste, un médiateur interne ou externe peut aider ; le droit du travail relève en revanche d’un juriste.
Une conférence peut-elle aider à gérer les conflits dans une équipe ?
Oui, elle sensibilise et donne un langage commun. Elle ne remplace pas un accompagnement long quand le problème est structurel : je le dis toujours clairement.
Qu’est-ce que l’assertivité au travail ?
C’est défendre son point de vue tout en respectant l’autre dans sa différence. Ni fuite, ni attaque.
Parlons de votre événement
Vous hésitez encore sur le bon intervenant ? Voici comment choisir l’animateur de votre événement d’entreprise, et qui je suis si vous voulez faire connaissance.
Vous préparez un séminaire, une convention ou une journée d’équipe où la communication et les tensions ont leur place ? Écrivez-moi ou réservez un échange de 15 minutes. Et si vous voulez voir où je suis en scène, c’est sur ma page dates de conférence.
Au fond, quand je monte sur scène, je veux surtout une chose : Un pont un peu bringuebalant vaut toujours mieux que pas de pont du tout quand on a un truc à faire ensemble. Je souhaite créer des passerelles entre les individus pour donner du sens à nos vies.




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