Diriger dans l'incertitude : ce que j'ai vécu à IMPULSER Lyon 2026

Jeudi 8 octobre, Lyon. La salle se calme. Carol Bausor prend la parole et pose le cadre en une phrase : « Vous, vous êtes là. Et c'est ça qui compte. »
Je souris. Oui, je suis là. Pendant deux jours, à l'Espace de l'Ouest Lyonnais, l'AFCP, l'Association Française des Conférenciers Professionnels, réunit dirigeants, entrepreneurs, managers et conférenciers autour d'une question que beaucoup d'entre vous se posent sûrement : comment diriger dans l'incertitude quand l'IA, les générations et le monde bougent en même temps ?
Je vous écris à chaud, à peine rentré, avec encore la tête qui tourne un peu (dans le bon sens). Je vous emmène dans ces deux jours, et surtout dans ce que vous pouvez en faire demain matin dans votre équipe.
En bref. IMPULSER 2026 s'est tenu à Lyon les 8 et 9 octobre, organisé par l'AFCP. Jour 1 : l'intelligence artificielle au travail, avec lucidité d'abord et action ensuite. Jour 2 : les générations en entreprise, puis la géopolitique et la résilience. Le fil commun : on ne subit pas l'incertitude, on la pilote, en partant du terrain, des équipes et de scénarios concrets.
IMPULSER, c'est quoi ? Un événement AFCP « hors les murs »
Chaque année, l'AFCP sort de Paris pour organiser IMPULSER ailleurs : Valence, puis Strasbourg, et cette année Lyon. La conviction de départ est simple : la qualité de réflexion ne se concentre pas qu'à Paris.
Pour moi, c'était la deuxième fois. L'an dernier, à Strasbourg, j'avais vécu ma première édition d'AFCP IMPULSER et j'en étais ressorti transcendé : tellement de choses apprises, tellement de belles rencontres. Impossible de rater la suivante. Le programme (IA, intergénérationnel, géopolitique) me faisait déjà saliver, et ma fille aînée étudie à Lyon : l'occasion de la voir était trop belle.
Je viens aussi à IMPULSER comme un jeune padawan du métier de conférencier : pour apprendre de mes pairs, réseauter, cultiver ce sens de l'autre que j'aime tant, sans m'oublier moi-même. Et par soutien aux bénévoles lyonnais de l'AFCP et aux partenaires, mobilisés depuis des mois pour faire de ce moment un temps fort. Si vous vous demandez comment on devient conférencier, j'ai raconté mon chemin à l'AFCP par ici.

Jour 1 : l'IA au travail, lucidité d'abord, action ensuite
Ça démarre fort, avec une idée que je garde en tête depuis : l'IA ne se subit pas et ne se sacralise pas, elle se comprend, elle se choisit, elle s'adopte.
Emmanuelle Leon : désacraliser l'IA
Emmanuelle Leon ouvre avec une conférence qui remet de la lucidité là où l'on entend surtout de l'euphorie ou de la peur. Son point de départ : l'IA est un système de probabilités appliqué à de très grandes masses de données. La désacraliser, c'est le préalable à un usage sain.
Elle cite des gains réels là où les données sont massives et la précision décisive : en médecine, une amélioration des diagnostics de l'ordre de 30 %, en éducation, une personnalisation qu'aucun enseignant ne peut offrir seul. Mais dans l'entreprise, l'effet sur la productivité reste modeste à court terme : 0,5 à 0,7 % sur dix ans selon les économistes qu'elle mentionne. Une évolution, pas une révolution immédiate.
Salime Nassur et la table ronde : par où commencer ?
Un éclairage plus radical avec Salime Nassur : s'y mettre, sinon l'entreprise risque de s'essouffler. Et un conseil très concret que j'ai noté : avant de lancer une tâche avec l'IA, définir ce que je ferai du temps que je vais gagner, pour le consacrer à une tâche stratégique.
La table ronde, animée par Thibaut du Verdier, creuse la question : l'IA, concrètement, qu'est-ce qu'on en fait ? Le principal frein d'une PME n'est pas la résistance : c'est de ne pas savoir par où commencer. D'où l'importance de partir des frictions du quotidien (ces recherches d'informations internes que certaines équipes appellent « faire de la spéléo ») et de donner envie avant de parler d'outils.
Sur le risque de fond, le désaccord est resté entier, et c'est très bien ainsi : danger comparable au nucléaire pour Salime Nassur, limites structurelles des modèles et contre-mécanismes pour Emmanuelle Leon.
Mon ressenti ? Oui, l'IA est utile : explorons, testons dans nos entreprises. Mais elle pose aussi des questions éthiques et sociétales sur notre rapport au travail, et sur l'écart qu'elle peut creuser entre ceux qui apprennent à s'en servir et ceux qui n'ont déjà pas accès à un ordinateur ou à internet. Comment l'éviter ? Emmanuelle conclut sur un point qui m'a parlé : développer nos soft skills, les « 4 C » : créativité, esprit critique, coopération, communication. Exactement le terrain sur lequel je travaille avec mes clients.
Jour 2 : générations au travail, le vrai problème, c'est qui ?
Pascal Haumont : arrêtons de mettre les gens dans des cases
Le lendemain, Pascal Haumont s'attaque aux frictions entre générations avec le modèle DISC et l'empathie. Il commence par déconstruire le fameux « les jeunes d'aujourd'hui ne veulent plus rien faire » en remontant le temps, jusqu'à une phrase qu'il attribue à Hésiode, dans la Grèce antique : « Je ne vois aucun espoir pour l'avenir de notre civilisation si celui-ci dépend de la jeunesse frivole d'aujourd'hui. » Critiquer les jeunes est une constante historique, pas une spécialité de notre époque.
Son humour décapant nous invite à lâcher les étiquettes (X, Y, Z, alpha…) et à considérer chaque salarié comme un individu à part entière. Sa boussole : traiter l'autre comme l'autre a besoin d'être traité, pas comme moi je voudrais l'être. Le DISC ne s'intéresse pas au quoi ni au pourquoi, mais au comment je communique. C'est exactement ce que j'explore avec le pouvoir de l'intention dans les relations humaines : bosser son empathie pour mieux se comprendre, à tout âge.
Jean-Philippe Ackermann et la table ronde : un déficit de management, pas une guerre des âges
Jean-Philippe Ackermann nous parle de faire grandir ensemble cinq générations en entreprise, en s'appuyant sur ce qui rassemble plutôt que sur ce qui divise : respect, utilité, confiance, sens. Un exemple simple qui fait mouche : un intéressement fondé sur un indicateur lisible, suivi chaque mois, égal pour tous. Dans ses mots : « Le salaire paye la responsabilité, l'intéressement paye l'application. »
Et que se passe-t-il quand une entreprise n'a pas de « pourquoi » ? Le sens partagé, la vision, c'est ce qui donne du sens à l'action et mobilise les équipes. Thierry Picq prolonge avec une question qui me poursuit : comment créer un cadre « juste nécessaire » ? Trop de cadre abîme l'engagement, pas assez aussi.
La table ronde conclut avec une idée que je recommande à tous les DRH : quand l'aspect générationnel ressort, c'est souvent qu'il y a un problème de management. Le leadership efficace est distribué, chacun prenant la main là où il est légitime. Et savoir dire « je ne sais pas » est une compétence managériale à part entière. Autre piste très concrète : le mentorat inversé, où les plus jeunes transmettent le numérique et l'IA, les plus anciens l'expérience du métier.

Quand le sol bouge : Nantermoz, Gagnon et Tertrais
L'après-midi élargit le cadre, et là, j'avoue avoir été parfois dépassé par la complexité du monde qui nous entoure. Trois regards se complètent.
Philippe Nantermoz explique que les moteurs de la croissance des soixante-dix dernières années (énergie fossile, ressources abondantes, démographie) s'éteignent en même temps. Un système trop optimisé est fragile : la robustesse prime sur la performance maximale. Exemple d'entreprise cité : Amora a supprimé le petit outil en plastique de ses pots de cornichons, soit 222 tonnes de plastique en moins, sans perdre de parts de marché.
Paul Gagnon pose la formule qui résume la journée : pour un dirigeant, le sujet est d'« apprendre à décider dans l'incertitude ». Le plan à scénario unique est obsolète ; la résilience se prépare avant le choc, avec des scénarios multiples et des stress tests.
Bruno Tertrais nous rappelle que le monde n'est pas plus dangereux qu'avant, mais plus vulnérable et plus imprévisible. Les marchés absorbent mieux les chocs qu'on ne le croit, la panique n'est pas une stratégie, et « les passions sont souvent plus importantes que les intérêts ». Sa meilleure préparation : l'exercice collectif de scénarios, avant que le choc n'arrive.
Les temps off : là où les rencontres humaines se font
Les pauses thé et les repas, c'est la deuxième conférence d'IMPULSER. J'y ai fait des rencontres qui m'ont marqué.
Un moment intimiste avec Maïder Lecomte Dufresne sur les 400 coups qu'elle faisait avec son grand-père. Son parcours force le respect : première avocate d'affaires plaidante, conférencière professionnelle depuis plus de vingt ans.
Marie-Laure Marcan Dumesnil, fondatrice de MLMD Event Communication, me parle avec passion de sa volonté d'imaginer des événements professionnels sur mesure, pensés pour créer du lien, faire vivre des émotions et marquer les esprits, sur Lyon et au-delà. J'adore son approche de la vie et des relations humaines.
Avec Lydia Martraire, un échange très profond sur l'éducation des enfants et les pédagogies Steiner et Montessori. Notre conversation dérive sur son activité de conseil : fondatrice de Kaperli, elle conçoit et anime des séminaires sur les enjeux stratégiques des entreprises, nourris de son expérience « essai, erreur, apprentissage ».
Et au dîner, Calix Dupuis, conférencier et mentaliste lyonnais. D'abord un tour de magie en close-up avec des cartes : je me laisse porter, c'est bluffant. Je lui demande d'où lui vient cette envie d'apprendre la magie. Sa réponse : la rencontre humaine. Formé à l'école espagnole, il a plus de vingt ans de scène et plus de deux mille spectacles, il crée lui-même des effets (comme son tour sur l'odorat, qu'il vend à des mentalistes du monde entier) et intervient aussi comme maître de cérémonie. Sur son site, evenementmagique.fr, vous découvrirez ses références. Quelle passion, quelle énergie, quelle simplicité.
C'est ça, la magie d'IMPULSER hors les murs : deux jours pour échanger, construire, s'émerveiller, cogiter, avec des personnes venues d'horizons très différents, chacune avec une façon de comprendre et d'apprendre autrement.
Diriger dans l'incertitude, concrètement : ce que vous pouvez faire dès lundi
Si vous êtes dirigeant, DRH, dircom ou responsable QVCT, voici ce que je retiens de ces deux jours, classé par horizon (issu du rapport remis aux participants, à adapter à la taille de votre entreprise). rapport complet à télécharger ici - MERCI Vincent Leclerc pour ce taff si utile !
Dès cette semaine - Testez un outil d'IA sur une friction quotidienne identifiée par vos collaborateurs eux-mêmes (recherche d'information interne, synthèse, rédaction). - Avant votre prochain échange délicat, repérez le profil de votre interlocuteur et adaptez votre ton, votre rythme et vos arguments au sien. - Formez un binôme jeune-senior : l'un transmet son expérience métier, l'autre ses compétences numériques ou IA.
Dans 30 jours - Établissez une charte interne d'usage de l'IA : cas autorisés, cas à risque. - Vérifiez la cohérence entre les valeurs affichées et ce que vivent vos équipes, en commençant par un échange informel avec trois collaborateurs de générations différentes. - Cartographiez vos vulnérabilités stratégiques (fournisseurs, clients, exposition énergétique, risques réglementaires) et gardez les deux ou trois plus lourdes.
Dans 90 jours - Organisez un atelier de deux heures autour d'un scénario de choc concret, avec votre comité de direction. - Mettez en place ou simplifiez un intéressement fondé sur un indicateur lisible par tous.
Remarquez ce que ces actions ont en commun : aucune n'est technique. Toutes reposent sur la qualité de la relation entre les personnes. Et c'est précisément pour ça que faire intervenir un conférencier en entreprise peut changer la donne : si vous hésitez, voici pourquoi faire appel à un conférencier professionnel.
Mon fil rouge : jeter des ponts, même bringuebalants
À chaque conférence que j'écoute, je retrouve la même image qui guide la mienne : le pont. Entre deux générations, entre l'humain et la machine, entre un dirigeant et ses équipes, entre deux personnes qui ne sont pas d'accord mais qui ont quelque chose à faire ensemble.
C'est le cœur de ma conférence « Communiquer sans se friter » : la salle vit un jeu de rôle grandeur nature, et on explore trois clés pour pratiquer l'assertivité, la capacité à défendre son point de vue tout en respectant l'autre dans sa différence.
Savoir d'où je joue : connaître ma rive, mes valeurs, mon état intérieur.
Sentir d'où joue l'autre : poser la question qui déverrouille, comprendre ses contraintes.
Faire entrer l'autre dans le jeu : accepter de lâcher quelque chose pour avancer ensemble.
Mon credo : il vaut mieux un pont de singe qui tangue un peu que pas de pont du tout quand on a un truc a faire ensemble. Diriger dans l'incertitude, c'est aussi ça : accepter de traverser avant que tout soit parfait. Si vous voulez comprendre comment j'amène ce sujet dans une salle, j'ai raconté pourquoi et comment j'invite le public à cultiver son assertivité, ou comment j'ai fait jouer la salle lors d'un séminaire d'entreprise.
Ce que ça m'apprend pour organiser un événement professionnel
Un grand bravo à Béatrice Fornari, Carol Bausor, Jean-Michel Rallet, Jean-Philippe Ackermann, Thibaut du Verdier et à toutes les équipes de bénévoles : la qualité des intervenants et la magie des rencontres, c'est vous. Soyez fiers de ce chemin que vous nous offrez pour grandir. J’ai bien senti, à travers nos échanges et les signes non verbaux des équipes de l’AFCP, que la préparation de ce moment n’avait pas toujours été un long fleuve tranquille. Je peux le comprendre, c’est humain. Mais franchement, chapeau pour la réussite de ces deux jours !
Oui, j’aurais peut-être préféré que le programme initial, avec davantage de personnalités féminines de haut vol, soit respecté. Mais on ne maîtrise pas tout dans un moment comme celui-ci. Oui, j’aurais aimé que plus de monde se mobilise et vienne partager avec nous l’expertise de si éminents experts et expertes. Là aussi, chacun fait ses choix. Oui, malgré une communication de dingue et de nombreux partages sur les réseaux, j’aurais voulu que davantage de personnes relaient encore plus. Mais chacun voit midi à sa porte.
Une réflexion personnelle, à partager comme un retour d'expérience : Pour une prochaine fois, s'appuyer sur un réseau local (Réseau Entreprendre, clubs d'entreprises) et anticiper davantage la communication me semble une piste : des DRH et dircom venus de Paris ou d'ailleurs m'ont expliqué planifier leur agenda six à douze mois à l'avance. Un bon conseil pour tout organisateur de séminaire d'entreprise ou de convention.
Franchement un GRAND MERCI pour la qualité des intervenant, la magie des rencontres humaines que vous avez sue créer avec brio. Soyez fier de vous et de ce chemin que vous nous offrez pour que l’on puisse grandir et vivre des émotions de OUF !
Ce que j'en retiens
Comme l'an passé, un sentiment fort : j'ai appris, j'ai vécu des émotions puissantes, j'ai ri, j'ai confronté mes idées, j'ai exploré de nouveaux territoires, et parfois je me suis senti dépassé par les évolutions du monde. Et je repars avec un profond bonheur et une envie furieuse de continuer à planter ma petite graine du mieux vivre ensemble avec assertivité, dans notre monde de brutes.
Si vous avez aimé l'énergie d'IMPULSER, vous aimerez peut-être l'autre grand rendez-vous de l'AFCP, à Paris : ELEVATE 2026, où j'ai donné ma conférence sur l'assertivité.
Questions fréquentes sur IMPULSER Lyon 2026
C'est quoi IMPULSER, l'événement de l'AFCP ?
IMPULSER est un événement itinérant organisé par l'AFCP, l'Association Française des Conférenciers Professionnels. Après Valence et Strasbourg, l'édition 2026 s'est tenue à Lyon, avec pour idée de départ que la qualité de réflexion ne se concentre pas qu'à Paris.
Quand et où s'est tenu IMPULSER 2026 ?
Les jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026, à l'Espace de l'Ouest Lyonnais, à Lyon. Thème : « Diriger dans l'incertitude ».
Quels thèmes ont été abordés ?
Jour 1 : l'intelligence artificielle au travail. Jour 2 : les générations en entreprise, la fin du modèle de croissance, la géopolitique et la résilience des entreprises.
Comment diriger dans l'incertitude, concrètement ?
Les intervenants ont insisté sur trois leviers : remplacer le plan à scénario unique par plusieurs scénarios et des stress tests, cartographier ses vulnérabilités avant le choc, et soigner la qualité du management et de la relation dans les équipes.
Pourquoi faire appel à un conférencier pour un séminaire d'entreprise ?
Un conférencier apporte de la hauteur, de l'émotion et une façon différente de parler de sujets sensibles (relations humaines, assertivité, génération, changement). Il met les équipes en mouvement et donne envie d'agir.
Parlons de votre prochain séminaire
Vous préparez un séminaire d'entreprise, une convention, un temps fort RH ou une journée QVCT, et vous voulez que vos équipes écoutent vraiment, échangent et repartent avec des clés concrètes pour des relations de travail plus apaisées ? Écrivez-moi. On parlera de votre contexte, de vos enjeux et de la meilleure façon de créer ce pont entre vos équipes. Je me déplace en Pays de la Loire et partout en France (retrouvez-moi près de chez vous).
Merci à l'AFCP, aux organisateurs et aux bénévoles, aux intervenants et aux belles personnes rencontrées pendant ces deux jours. Source des chiffres et citations : rapport remis aux participants d'IMPULSE 2026 (AFCP), établi à partir de l'enregistrement des interventions ; les chiffres sont rapportés tels que les intervenants les ont énoncés. Article rédigé avec mon vécu et retouché avec l'IA claude version sonnet 5.5.




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