Une énergie de OUF ! conférence développement personnel
- Alexis Desjeux
- il y a 10 heures
- 7 min de lecture
Immersion à l'Esvière
17h. J'arrive sous la pluie. Le ciel est lourd, ma voiture cale enfin sur le parking de l'Esvière, et au moment où je coupe le contact, le soleil pointe le bout de son nez. Un signe. J'y crois à ces petits signes, même si je sais bien qu'ils ne signifient rien d'autre que ce que je veux qu'ils signifient. Mais ce soir, je prends. Je savoure.
Dans deux heures, je donne ma conférence sur l'assertivité au tiers-lieu de l'Esvière – Fondacio. Une conférence développement personnel, comme on dit dans les catalogues d'agences. Moi, je préfère dire : une heure pour parler de relations humaines apaisées avec des gens qui ont choisi d'être là pour entrouvrir la porte du pourquoi : pourquoi je rentre en relation avec l'autre ?
Et déjà, dans ma tête, ça grouille. Le bon stress. Cette tension légitime qui annonce qu'il va se passer quelque chose.

Reconnaître les lieux, apaiser le souffle
Je rentre. Le lieu est magnifique. Le tiers-lieu de l'Esvière à Angers, je le connais déjà — j'y ai animé une l'interview de Gaspard Koenig sur son livre Aqua — mais à chaque fois c'est le même enchantement pour l'âme. Quelque chose de doux, de simple, qui invite à se poser.
Je me pose, justement. Quelques minutes de yoga. Cohérence cardiaque. Longs inspires. Longs expires. J'apaise les émotions, les belles et les autres. La tension reste là, mais à sa juste place. Elle ne me mange plus, elle m'accompagne.
Reconnaissance des lieux. Installation technique. Je vérifie le son. L'image. Mon costume pour Topana — j'y reviens dans un instant. Les objets de mon jeu de l'absurde alignés. Tout est prêt.
Laurène me rejoint. L'équipe événementielle de l'Esvière / Fondacio, toujours d'une bienveillance qui désarme. Je suis bien.
Le public arrive, et déjà ça parle de développement personnel
J'accueille les premiers participants. Échanges informels sur le seuil de la salle. « Vous avez connu la conférence comment ? » Une dame me touche. Elle a fait deux heures et demie de route. Elle me suit sur les réseaux. Elle veut devenir conférencière sur ce sujet des relations humaines. Je la remercie. Sincèrement. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus que merci dans ces moments-là, et je crois que c'est très bien ainsi.
Des ados. Des adultes. Des seniors. Une majorité de femmes, mais aussi quelques hommes, et des iels également. Chacun s'installe. Posément. Je savoure. Je jubile intérieurement. La salle est comble — plus de trente personnes. Pour une première conférence ouverte au grand public à l'Esvière, c'est un cadeau.
Laurène introduit la soirée. Elle présente l'Esvière – Fondacio, ce lieu de rencontres et d'initiatives pour bâtir un monde plus humain et respectueux de la planète. Elle me présente avec délicatesse. Elle insiste sur la bienveillance du moment. Une invitation à l'interactivité avec le public « si ça vous branche ». J'aime cette formule. Pas d'injonction. Une porte ouverte. Chacun emprunte le chemin à sa manière.
De mon côté, je respire. Longs inspires. Longs expires. Maintenir l'adrénaline à sa juste place. Je savoure chaque seconde.

Bonjour et MERCI, sans un mot
C'est parti. Je lance mon intro sans parole. Juste des gestes. Bonjour. MERCI. En langage des signes. Je cherche les regards. Un par un. Je capte l'attention par un sourire franc, sincère, sans armure. Je suis vraiment heureux d'être là, sur scène, à partager ma vision de ce que peut être une conférence sur l'assertivité quand elle est vivante et incarnée.
Je pose le sujet. Définition. Simple. L'assertivité, c'est cette troisième voie entre l'agressivité et la fuite. C'est dire les choses, avec des mots justes dans l'esprit de Miguel Ruiz et ces accords Toltèques.
J'invite le public à un premier échange : « C'est quoi, pour vous, se fritter, en un mot ? » Les réponses fusent. Simples. Chaleureuses. Entières. Déjà la salle est avec moi. Je jubile, intérieurement toujours, parce que sur scène mieux vaut garder l'extérieur disponible.
Une parenthèse musicale, une pleine conscience collective
Vient une phase plus calme. On se pose ensemble. En pleine conscience. Longs inspires. Longs expires. Je laisse la musique tenir l'espace pour moi.
Et là, ça arrive. Une participante glisse, à voix basse : « à l'intérieur de moi, je sens l'apaisement ». Un autre ajoute : « sérénité ». Un troisième : « connexion avec le collectif, je sens une énergie collective ».
Magique. Je prends. J'écoute. Avec un profond respect. Je ne commente pas. Je laisse résonner. Ce sont eux qui font le travail. Mon rôle est juste de tenir le cadre pour que ça puisse arriver.

Topana, le voyageur temporel pour comprendre le développement personnel
J'introduis Topana. C'est mon personnage. Un voyageur temporel qui, depuis 4000 ans, traverse l'espace et le temps pour comprendre la magie, la complexité et la beauté des relations humaines. J'abandonne le public quelques instants pour revêtir mon costume.
Et pendant que je suis en coulisses, ils ne sont pas livrés à eux-mêmes. Je leur ai donné une consigne : « Demandez à votre voisin de droite ou de gauche : pourquoi est-tu venu.e ce soir ? »
À travers la porte, j'entends le bourdonnement. Joyeux. Qui papillonne. Ils ne se connaissent pas, pour la plupart, et le jeu prend. Je souris tout seul, derrière mon costume. Ça c'est gagné.
If you love somebody, set them free
Je relance la musique. Je chante. If you love somebody, set them free de Sting. La surprise sur les visages. Certains rient, d'autres tendent l'oreille. Je les embarque dans mon voyage avec Topana et son compagnon de route, Testimo.
Ils jouent le jeu de la formule magique qui nous permet de partir à la rencontre de « d'où l'on vient ». Les scènes s'enchaînent : le patriarcat, nos parcours de vie, les normes de notre société, l'accélération du quotidien, le multitâche qui influence — consciemment ou inconsciemment — notre rapport à l'autre.
Le voyage les propulse à travers l'espace et le temps. À la rencontre de personnages qui leur livrent les clés de l'assertivité :
une réflexion sur soi,
la joie de vivre et la raison d'être,
l'état d'esprit intérieur — ce que les Japonais nomment l'ikigaï — comme une boussole personnelle pour se guider dans les échanges avec l'autre sans s'oublier soi-même,
agir sur ce que je maîtrise,
analyser mon intention,
prendre de la distance avec le regard de l'autre.

Le jeu de l'absurde rythme les passerelles
Le jeu de l'absurde rythme nos échanges. Ils jouent. Ils rient. Ils ne comprennent pas tout sur le moment, et c'est très bien. Je le sens : les briques s'alignent peu à peu, comme une passerelle un peu branlante qui finit par tenir.
Parce que c'est ça, l'assertivité. Une passerelle. Pas un mur, pas une fuite. Une passerelle parfois fragile que je construis avec l'autre, au-delà des désaccords, des tensions, des ego — le mien que j'essaie d'amadouer, le sien qui fait pareil, ou pas.
Je vois certaines personnes qui étaient arrivées les bras croisés, la mine fermée — peut-être une sale journée dans les pattes — qui se relâchent. Qui ouvrent les bras. Qui se prêtent au jeu. C'est magique. D'autres prennent des notes. Des sourires. Des regards qui réfléchissent. Je savoure ces échanges fugaces mais si précieux.
L'énergie est là. Bienveillante. Présente.
Un regard discret sur l'horloge, et une honnêteté sur ce que j'ai à améliorer
Le temps passe trop vite. Et oui, sincèrement, je n'ai pas assez pris le mien. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être l'envie de tout donner, peut-être la peur de lasser, peut-être la précipitation qui revient quand l'adrénaline reprend la main. À ajuster pour la prochaine fois. Encore plus savourer. Encore plus être dans l'instant présent.
Certains, dans les échanges d'après, me le diront avec délicatesse : « vous auriez pu prendre encore plus votre temps ». Ils ont raison. Je le note. Sans drama. C'est ça aussi, l'assertivité : recevoir un retour sans s'effondrer ni se défendre.

La symphonie des relations humaines
Mais la conclusion approche. Et elle est belle.
Je propose ce que j'appelle la symphonie des relations humaines. Le public danse. Chante. Mime. Joue au jeu de l'absurde pour donner vie à cette symphonie. Sans se préoccuper du regard de l'autre. Avec simplicité. Avec authenticité. Avec PLAISIR.
Moi je savoure. Je guide avec bienveillance. Et je laisse toujours la place à ceux qui souhaitent juste être spectateurs. Personne n'est forcé. Chacun trouve sa place. Quelle belle énergie collective.
Je conclus sur ce qui est, je crois, le cœur de ma proposition : avoir le sens de l'autre sans s'oublier soi-même. Et une invitation au questionnement : il existe un autre chemin que la violence, l'agressivité ou la fuite. Celui de l'assertivité (surtout dans les moments de tensions fortes). Pour créer des passerelles entre les individus. Pour donner du sens à nos vies.
MERCI en langage des signes. Comme au début. La boucle est bouclée.
Applaudissements. Je savoure.
Après la conférence, l'essentiel
C'est souvent là que tout se joue, en vrai. Quand les lumières baissent et que les gens viennent vous parler.
Les échanges sont simples. Entiers. Réconfortants. « Non, votre message n'est pas utopique. » Cette phrase, je l'entends plusieurs fois. Et elle me touche, parce que c'est précisément le doute qui m'habite parfois. Suis-je en train de proposer une utopie ? J'ai répondu à cette question dans un autre article, sur les clés d'une communication apaisée au quotidien, et la vérité c'est que la réponse vient surtout des gens, pas de moi.
Les témoignages à chaud me touchent profondément. Avec humilité, je sais que j'ai encore beaucoup à améliorer. Le timing. Le souffle. Les silences. Le savourement de l'instant. Mais je prends. Avec jouissance, oui.
Autour d'un verre, chacun partage son point de vue, son vécu. En famille. Au travail. Avec un voisin difficile. Avec un enfant. Avec un collègue.
L'assertivité n'est pas un concept de catalogue de formation. C'est un quotidien.

MERCI
MERCI à l'Esvière. C'est magique. À Laurène, à toute l'équipe Fondacio. À chacun.e des participant.e.s, à celles et ceux qui ont fait deux heures et demie de route, à celles et ceux qui sont venus à pied du quartier. À ceux qui sont restés bras croisés cinq minutes avant de se laisser embarquer. À ceux qui ont pris des notes et à ceux qui ont juste écouté.
Une prochaine date se profile pour la rentrée 2026. Je vous tiens au courant.
Et d'ici là, si vous voulez prolonger la réflexion :
À très vite.
Alexis
crédits images Maud Weber











