Pourquoi devenir conférencier professionnel ?
- Alexis Desjeux

- il y a 9 heures
- 12 min de lecture
Témoignage 3 jours à Paris AFCP : au cœur de mon cheminement de conférencier
Un récit d'immersion — AFCP, mars 2026
Ce matin-là, en ouvrant les yeux dans ma chambre parisienne, quelque chose de particulier flottait dans l'air. Une vibration. Ce mélange étrange d'excitation et d'appréhension que je connais bien désormais — celui qui précède les grandes étapes. Dans quelques heures, j'allais me retrouver face à mes pairs, face à un jury, face à moi-même. Trois jours. Trois jours pour tester, affiner, me confronter, grandir. Trois jours qui allaient me traverser de part en part.
Je rejoins mes confrères et consœurs de l'Association Française des Conférenciers Professionnels pour ce qui ressemble, de l'intérieur, à une sorte de camp d'entraînement de l'âme. Conférence au théâtre bô le soir même, formation le lendemain, conférence test devant les pairs, puis l'audition pour la soirée Pépite de l'automne. Le programme est dense. Mon cœur, lui, l'est encore davantage.
Lundi soir : une première plongée pour comprendre pourquoi devenir conférencier professionnel ?
Le théâtre bô. Serge Avril est sur scène, dans son élément, « « le pouvoir de la communication à l’air de l’IA ». Dès les premières minutes, je sens que quelque chose va se passer. Il nous embarque sur Mars. Littéralement. Les images captées de la surface rouge, et ce qu'il y a dans les tréfonds qu'on ne voit jamais. Une analogie simple, chirurgicale. Elle me touche.
L'intelligence artificielle connecte les systèmes mais pas les personnes. Cette phrase résonne en moi. Parce que c'est exactement ce que je porte dans ma conférence sur l'assertivité — ce besoin vital de présence, d'écoute, de lien vrai. Serge met des mots sur ce que je ressens depuis des années. Sa connaissance de la synergologie nous donne des clés pour interagir avec empathie et bienveillance avec notre interlocuteur malgré nos désaccords. Son expertise sur le fonctionnement du cerveau qui interprète vitesse grand V nombre de signe, nous invite à prendre garde à ne pas toujours lui faire confiance… pas facile. Serge conclu en nous mettant en garde contre le démon de l’acrasie cette capacité que nous avons à penser quelque chose, une bonne résolution par exemple, et à faire le contraire. La aussi une sorte de raccourcie à l’intérieur de nous géré par notre cerveau. La communication interpersonnelle a besoin d’écoute, de temps et de présentiel pour prendre toute sa saveur et solutionner des situations complexes. Je note mentalement. Je vibre. J’adhère. J’adore.
Après la conférence, on prolonge dans une brasserie parisienne. Et là, c'est l'autre magie de l'AFCP — ce moment où les masques tombent, où les conférenciers parlent de tarifs, d'imprévus, de ce public qui a les yeux qui pétillent. Je parle avec Pascal Haumont, humoriste et spécialiste du DISC, avec Laurence Gennepy, catalyseuse de décisions sous tension. Ces échanges-là, intenses, pleins de vie, je ne les échangerais pour rien au monde.

Mardi : Hogwarts du bien parlé
La journée de formation commence et Carole Bausor est notre maîtresse de cérémonie, directrice du Hogwarts du bien parlé — cette école de sorciers et sorcières de la voix où l'on désapprend les sortilèges médiocres pour retrouver la magie d'une parole claire, élégante et incarnée. À ses côtés, Vincent — homme de l'ombre et de lumière — gère la technique avec maestria et beaucoup d’humour (plus de trente ans d'expérience de MC, çà aide). Ann-Sylvie Dutry, conférencière hors pair, veille à ce que tout soit en place.
La matinée commence par une carte blanche[1]. Christophe Delessart, Laurence Garrison, Alain Cabras. Chacun prend dix minutes pour raconter son chemin de vie. Pourquoi ils font ce métier. Ce qui les a amenés là. Laurence est convaincue que nos pensées limitantes — souvent ancrées dans l'enfance — sont des barrières à l'épanouissement. Elle dit que le travail doit être un plaisir, pas une douleur. Ça m'interpelle très positivement. Christophe parle du 4e mur, cette frontière invisible entre l'acteur et le public. Il veut lui donner corps, vie, émotion, l’incarner, en somme. Je l'écoute avec une attention particulière — parce que c'est précisément ce que j'essaie de faire moi aussi. Alain Cabras expert & conférencier en culture d’entreprise, interculturel, laïcité & fait religieux, nous parle de son parcours riche de sens.
Je les regarde et je me demande : est-ce que je suis prêt à me livrer autant ? Est-ce que j'ose vraiment raconter mon histoire ?
Crédits photos Virginie Perrot et Béatrice Fornari membres de l'AFCP
La conférence test[2] : 30 minutes pour tout risquer
C'est mon tour. Je monte sur scène pour présenter un extrait de « Communiquer sans se fritter ! » — ma conférence sur l'assertivité. Trente minutes. Un exercice de haute voltige devant des pairs exigeant et bienveillant à la fois.
Ce moment-là, je l'ai préparé pendant des semaines. Mais préparer et vivre, c'est deux choses. Quand je prends le micro, quelque chose se dépose en moi — une forme de calme paradoxal au milieu de l'adrénaline.
J'aborde le sujet là où il brûle : avoir le sens de l'autre sans s'oublier soi-même. En musique. Je questionne l'accélération de notre quotidien, cet individualisme ambiant, ce système qui marche sur la tête. Et je propose d'explorer ensemble un autre chemin des possibles, loin des diktats de la productivité et de l'efficience.
Puis Topana entre en scène — l'incarnation d'un dieu sur terre, passionné de relations humaines depuis 4000 ans. Ce personnage emporte le public dans le jeu de l’absurde, une métaphore de l’égocentrisme qui caractérise nos comportements. Ce caractère auto-centré qui rythme notre quotidien, sans jamais vraiment interroger les contraintes qui nous entourent, n'est peut-être pas le chemin le plus simple pour cultiver des relations humaines apaisées. Le public entre dans la danse. Je sens qu'ils me suivent. Les vertus du jeu de société comme clés de réflexion deviennent alors un levier d'interaction — la sérénité et le plaisir du jeu, contre la logique froide de nos systèmes de performance.
Je convoque aussi le regard de Dominique Desjeux, socio-anthropologue, spécialiste des contraintes (matérielles, symboliques, sociales). Une aide pour cultiver cette capacité à défendre son point de vue tout en intégrant l'autre dans sa différence, sans s'effacer. Je conclus par mon chemin de vie — je ne vous en raconte pas trop ici, il faudra venir me voir sur scène (prochaines dates : 30 avril et 19 mai 2026 à Angers). Et j'ouvre sur une invitation : dès aujourd'hui, créons des passerelles entre les individus pour donner du sens à nos vies.
Mais il y a aussi cet instant, où je perçois des froncements de sourcils dans la salle. Où le stress me gagne (négativement) et ma voix déraille. Des regards qui cherchent le fil. Ce petit moment de flottement qui me dit : quelque chose n'est pas encore assez limpide. Je continue. Je dois continuer. La scène ne tolère pas le doute visible. Même si à l'intérieur, c'est vraiment le chaos émotionnel pour moi.
Les retours tombent ensuite. Je les reçois debout, les deux pieds sur terre, avec cette posture que j'essaie de cultiver : écouter vraiment, sans me défendre, sans m'effondrer. Accueillir, sans le prendre personnellement, comme le souligne Miguel Ruiz dans ses accords Toltèques.
Ce qui brille — et que je vais cultiver
Plusieurs points ressortent avec une clarté qui réchauffe. Ma présence est jugée forte — une vraie connexion au public, me dit-on. Ça, ça me touche profondément, parce que c'est ce que je cherche avant tout : le contact, le lien, le regard qui répond. Mon contenu est perçu comme disruptif, original, singulier — cet univers féerique, les costumes, Topana qui marque les esprits. On m'a parlé de sincérité, d'énergie d'amour, de belles valeurs, d'un point de vue totalement assumé. Une grande authenticité, disent-ils.
On note aussi une bonne gestion des silences et du rythme, un engagement global de l'auditoire. Le jeu avec le public, les exercices participatifs, l'utilisation du regard, l'entrée en scène travaillée, les histoires personnelles, certaines références comme Sting — tout cela est apprécié.
Je lis ces retours et je réalise quelque chose d'important : ma singularité, mon énergie, mon goût du théâtre ne sont pas des à-côtés. Ce sont le cœur. L’émotion. Le matériau central. Celui que je dois cultiver, faire grandir encore d’avantage.
Ce qui m'interroge — et qui me donne une feuille de route
L'autre versant du feedback, lui, est plus exigeant. Trois grandes questions reviennent, formulées avec bienveillance mais sans langue de bois. Et loin de me décourager, elles m'offrent une feuille de route claire.
La première : le fil rouge et le message unique. Plusieurs personnes disent être ressorties sans savoir exactement quoi retenir, ni comment réutiliser concrètement ce qu'elles ont vécu. Ce retour-là me percute. Parce que si le public repart avec de l'émotion mais sans ancre, j'ai raté quelque chose d'essentiel. Clarifier le message central, simplifier le parcours, mieux articuler chaque séquence à ce fil conducteur — voilà mon premier chantier. Sur lequel j’ai déjà bossé pourquoi et comment j'invite le public à cultiver son assertivité, toute la difficulté était de le synthétiser en 30 min… çà n'a pas totalement fonctionné...
La deuxième : l'équilibre entre spectacle et conférence. Mon univers est parfois perçu comme très imaginaire, presque spectacle, là où certains attendaient davantage d'outils concrets et applicables dès la sortie de la salle. Le défi pour la suite sera de garder la dimension créative — elle est précieuse, elle est moi — tout en renforçant la partie pédagogique : moins de références, plus de profondeur sur quelques concepts clés.
La troisième : la cohérence des dispositifs scéniques. Le jeu de l'absurde, le lien entre certains objets, les personnages et le thème de l'égocentrisme, la transition entre mes différentes identités — moi, la divinité, le chapeau magique — tout cela interroge. Ces retours m'invitent à clarifier le sens de chaque élément scénique, à mieux synchroniser ce qui se passe à l'écran et sur scène, à expliciter davantage la finalité de mes choix. Pour que le public ne soit jamais perdu dans le labyrinthe de mon imaginaire.
Ce ne sont pas des coups portés. Ce sont des boussoles. Et je le vis comme tel — même si, je l'admets, certains mots piquent un peu au moment où ils atterrissent. On ne construit pas une conférence professionnelle en chambre, mais dans le frottement bienveillant au regard des autres. Ce jour-là, j'ai frotté. Et je suis ressorti plus solide.
C’est au tour de Luc Teyssier d’Orfeuil de nous plonger dans l’histoire de M. Couet et sa méthode pour aller mieux. Un voyage passionnant au cœur de l’histoire de ce pharmacien qui voulait que chacun aille mieux dans son quotidien. Des clés encore aujourd’hui expliciter par les neuroscience pour visualiser la réussite et donner de l’élan à nos actions. Çà me parle. J’adhère. J’adore son approche.
Mercredi : 15 minutes pour convaincre
Le dernier jour. L'audition pour la soirée Pépite — un événement qui aura lieu en novembre prochain à Paris (save the date 30 novembre 19h sur Paris). Dans le jury : Philippe Gabilliet, Siegfried Haack, Bruno Marion et Jean Sommer. Des pointures. Bienveillants et en quête d'excellence à la fois. Douze candidats pour quatre places.

Chacun passe à tour de rôle : Une belle écoute. Des rires. J’apprends. Je vibre. Parfois je ne comprends pas tout. Mais chacun donne vraiment le meilleur de lui-même.
Mon état d'esprit au moment de monter sur scène ? Je suis concentré et détendu à la fois. Ce juste équilibre entre une tension nécessaire — celle qui aiguise — et une certitude tranquille que je suis à la bonne place. C'est mon chemin. Mon ikigaï. J'aime être sur scène. J'aime partager mes idées et inviter l'autre à explorer un autre chemin — ou pas. L'émotion est présente. Je vis l'instant présent à 2000%. J'y suis. Je vibre. Je rayonne avec le public. Je les embarque dans mon histoire de ce monde qui marche sur la tête pour que nous puissions, peut-être, emprunter ensemble un autre chemin vers plus d'assertivité au quotidien.
Puis vient le retour du jury. Et là, quelque chose se passe en moi qui est difficile à décrire. Ils voient en moi un conteur. Un homme d'émotion. Un homme de cœur. Un pouvoir avec celui là. C’est le cœur, c’est l’enfance. Que je suis techniquement bon sur la prise de parole. Ancré. En gestion du stress. Les silences. Que le sujet, c'est peut-être moi. Que ma présence de conteur comme conférencier, c'est vraiment rare. Que le jeu — ma passion, mon expertise — doit trouver comment se transformer en impact concret pour les entreprises. Ils me demandent de simplifier. Ils disent que tout ce qui est démonstratif me perd un peu. Il me faut peut-être poser le sujet. Structurer encore davantage.
Je les écoute. Je prends tout. Certains mots m'éclairent. D'autres me dérangent, un peu. Et c'est très bien ainsi. Je verrais plus tard comment tout cela évolue, ne pas tout chambouler tout de suite ! Laisser maturer.

Ce qui reste, quand le rideau tombe
Je suis profondément touché par ces trois jours. Profondément. Ce mot n'est pas de trop.
Il y a de la joie, d'abord. La joie d'avoir capté une partie du public. De l'avoir embarqué. De l'avoir senti vibrer avec moi sur scène. Ces instants-là — quand le regard d'un inconnu vous dit qu'il est là, vraiment là, avec vous — ça ne s'explique pas. Ça se vit. Et ça nourrit quelque chose de très profond en moi.
Et puis — à l'heure où j'écris ces lignes, le mail vient d'arriver — je n'ai pas été retenu pour la soirée Pépite. Je pose ça là, simplement. Sans détour. La déception est réelle. Sincère. Vivante. J'avais donné beaucoup, et c'est précisément parce que j'avais donné beaucoup que ça fait quelque chose. Je ne vais pas prétendre le contraire.
Mais je comprends aussi plusieurs choses, et globalement, elles sont plutôt positives. Ce cheminement que je mène depuis plus de deux ans — partager ma vision d'un monde qui, selon moi, marche sur la tête, et proposer d'autres chemins à emprunter — ce cheminement a du sens. L'assertivité et la bienveillance malgré nos désaccords : on a le droit de ne pas être en accord avec l'autre. On n'est pas obligé de s'emporter ou de lui « rentrer dedans » pour défendre son point de vue. C'est ça, le cœur de ce que je porte. Et ce cœur-là, il a été entendu.
Comme me l'a dit si justement notre président Jean-Philippe Ackerman : un feedback, c'est un point de vue à l'instant T de quelqu'un, avec son parcours, son prisme, son biais personnel sur le sujet. Ce n'est pas la vérité absolue. Ça ne veut pas dire que certains commentaires ne font pas mal — ils peuvent piquer, bousculer, déstabiliser. D'autres, au contraire, apportent du plaisir et de l'élan. L'essentiel est de tout laisser mûrir. De prendre du recul. De laisser le temps passer. De ne pas tout chambouler à chaud.
C'est pour ça que j'ai besoin d'échanger avec mes pairs — ces JEDI, hommes et femmes et quel que soit leur genre, dont parle Fred Colantonio dans son parcours vers le label CSP — cette reconnaissance internationale du métier de conférencier. Des regards extérieurs bienveillants et exigeants à la fois. Pour affiner. Pour structurer encore davantage. Pour choisir des axes limpides.
Car la route est claire désormais. D'un côté, mes cibles en entreprise — les salarié·e·s et les managers — avec un message centré, des outils concrets, une pédagogie renforcée. De l'autre, les familles — CAF, associations d'ados, médiations familiales — avec une approche adaptée, différente, taillée pour eux. Ce n'est pas le même voyage. Ce ne peut pas être le même discours. Je dois faire des choix distincts, assumés, et les tenir.
Tester encore. Ajuster souvent. Partager toujours. Pour faire de cet ikigaï qui est en moi une fleur qui s'épanouit pleinement en donnant du sens.
J'aime les gens. Profondément. Et j'aimerais continuer à poser ma pierre à l'édifice pour que demain — certains de mes proches, et un public plus lointain — puissent peut-être entrouvrir un autre chemin. Celui de l'assertivité : défendre son point de vue, en intégrant l'autre et sa différence dans l'équation, sans jamais s'oublier soi-même.
La convivialité un maître mot à l'AFCP, avec un temps partagé en off le midi.
BRAVO aux quatre élus pépites que j'aurai un vrai plaisir à aller voir sur scène en novembre 2026.
Céline Pitelet : Bien que surtout connue comme journaliste et présentatrice TV, elle s’est récemment lancée dans l’animation de conférences et la création de podcasts, notamment « Fais Moi Signe », où elle aborde la gestion de l’imprévu et le storytelling, s’appuyant sur son expérience médiatique pour captiver et transmettre des messages.
Nicolas Bourada : Conférencier professionnel membre de l’AFCP, il allie management et développement personnel en s’appuyant sur des outils comportementaux (MBTI®, ANC®, Action Types®). Son approche repose sur l’expérience terrain et l’adaptation des méthodes aux profils individuels, pour une performance durable et une meilleure collaboration en entreprise.
Laurent Quivogne : Conférencier et auteur, il se spécialise dans la régulation des conflits et la transformation des tensions en opportunités. Son parcours d’ingénieur et de chef d’entreprise enrichit ses interventions, où il partage des méthodes concrètes pour apaiser les relations et favoriser la prise de décision collective, avec une approche à la fois humaine et pragmatique.
Laurent Bernat : Survivant d'un Attentat en Afghanistan. Conférencier inspirant il intervient sur la résilience et la transformation personnelle. Président de Minotaure événementiel, il intervient principalement dans l’organisation et l’animation d’événements professionnels. Il est pan fan de la glace au maroil et à la betterave, mais ce n'est pas le sujet de sa conférence...
Comme le souligne si justement Nelson Mandela
« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. »
Je vais de l'avant, fort de toute cette expérience. MERCI à l'AFCP pour ce partage si précieux. Pourquoi devenir un conférencier professionnel ? pour toutes les belles émotions ci-dessus.
[1] La carte blanche c’est 10 min. pour se présenter sa vision, son parcours et pourquoi on emprunte le chemin de conférencier professionnel ou MC. Quand la quête de sens rencontre l’excellence professionnelle.
[2] La conférence test c’est 30 min. pour tester son concept et avoir le retour des membres de l’AFCP pour progresser, grandir, ajuster. Un regard bienveillant et ferme à la fois. Sans langue de bois.



























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